CATALOGUE DE SAINTS CEPHALOPHORES

ACHE et ACHEUL

Ils étaient frères et auraient été décapités près d´Amiens en Octobre au IIIeme siècle. Amiens a hébergé depuis le XIeme siècle jusque la Révolution une abbaye Saint Acheul.

Ils sont représentés sur le portail de la Cathédrale d´Amiens

amiens cephalophores Ache et Acheul

Cathédrale St Firmin d´Amiens, Saints Ache et Acheul

 

ADALBAUD ou ADALBADE

Comte de Douai, dignitaire Franc, il se rend au Pays Basque pour des opérations militaires. C´est lá qu´il rencontre sa femme Sainte Rictude. Lors d´un nouveau déplacement il est assassiné près de Périgueux le 2 Février 652 par sa belle-famille

 

ADALBERT de Pragues

Né vers 956 en Bohême, Adalbert fut un évêque polonais qui a évangélisé la Hongrie puis la Pologne. Il est fermement opposé á la traite des esclaves par les chrétiens. Il se rend en Prussie pour prêcher la bonne parole, c´est lá qu´il est assassiné le 23 février 997 (on parle aussi du 23 avril). Il est canonisé en 999 par le Pape Sylvestre II

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Mise á mort d´Adalbert de Pragues sur une porte de la Cathédrale de Gniezmo en Pologne

 

 

ALBAN d¨ANGLETERRE dit de Verulamium

Premier martyr Chrétien reconnu en Grande Bretagne. Ancien soldat romain converti par un prêtre Chrétien en fuite, qu´il avait par pitié caché chez lui. Martyrisé un 22 Juin sur ordre du Gouverneur romain, on annonce l´an 290 ou  304

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Martyr de St Alban Verulanium enluminure du XIIIeme siècle de Matthieu Paris Bibliothèque  Trinity College de Dublin

ALBAN de MAYENCE

Appelé Aubain ou Auban en Français, il était prêtre missionnaire grec, originaire d´Afrique du Nord, mis à mort par les Ariens un 21 Juin, probablement en 406. Il est vénéré à Mayence et à Namur

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St Alban de Mayence (Paris musée collection)

ALBERTUS

il s´agit sans doute de Oelbert (voir ce nom)

ALOF ou ELOPHE

Diacre Lorrain décapité sur les bords du Vair (Vosges) le 16 Octobre 362 sur l´ordre de l´empereur Julien l´Apostat en même temps que sa sœur (de sang ou en Jésus Christ) , Ste Libaire. Apres avoir lavé sa tête dans l´eau d´une source, il  va la porter en haut d´une colline qui depuis porte son nom avant de prononcer un dernier sermon.

St Elophe-Domrémy

St Elophe Statue en bois 1709 Eglise de Donrémy (Wikipedia)

ANSAN

Martyr le 1er Décembre 304. Appartenant à la famille des Anici, il se converti à l´âge de douze ans au désespoir de son père, païen, qui ne put le faire fléchir et le dénonça aux autorités. Il sera décapité sur ordre de Dioclétien. Appelé le Baptiste ou encore l´Apôtre de Sienne car il entraîna de nombreux jeunes avec lui dans sa conversion.

St Ansan reliquaire de son bras

Reliquaire du bras de St Ansan. Musée diocésain de Sienne

ANTIDE

Né en Gaule dans une famille romaine, il devient évêque de Besançon. Lors de l¨invasion  des Vandales ariens, il est arrêté et décapité sur ordre du général Crocus à Ruffey vers 411. Il est honoré les 17 et 25 Juin.

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Ruffey chapelle St Antide et son reliquaire (patrimoine.com)

st antide reliquaire

 

 

APHRODISE

Premier évêque de Béziers au 1er siècle (28 avril 65) . Ce n´est qu´au XVIeme siècle qu´apparaît la légende actuelle d´après plusieurs traditions orales. Le gouverneur l´aurait fait décapiter avant de jeter sa tète dans un puits. Elle en ressorti aussitôt alors Aphrodise  la ramassant, va traverser la ville avant d´expirer. Il sera enseveli par ses disciples dans la grotte oú il habitait de son vivant. Cette grotte est devenue la crypte de la basilique qui lui est consacrée.

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Tête ds St Aphrodise dans la basilique de Béziers (France pittoresque.com)

 

AUSONE

Né à Mortagne, petit port de l´ancienne Saintonge dans une famille de romains venus s´établir en Gaule après la conquête, Ausone devint évêque d´Angoulême. Décapité un 22 Mai sur ordre du gouverneur romain, un ange ramassa sa tête. De nombreuses légendes courent sans que l´on puisse démêler le vrai du faux

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Vitrail de St Ausone dans l´église de Déviat (Charentes)  Wikipédia

AVENTIN de LARBOUST

Ermite du VIIIeme siècle, né à Bagnères de Luchon, il fut décapité par les Sarrasins qui occupaient alors de Sud-Ouest. Après avoir récupéré sa tête, il marche jusqu´à l´endroit qu´il a choisi pour sa sépulture. Ce sera un lieu de pèlerinage jusque la révolution.

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St Aventin dans son église  (blog alpeflor)

 

BALSEME ou BAUSSANGE

Originaire de Limoges, ce diacre bienheureux marcha à la rencontre des Vandales qui mettaient la Champagne à feu et à sang. Il les exhorta d´abandonner leurs erreurs et de se convertir, mais ceux-ci lui tranchèrent la tête. Ramassant son chef, il continua à marcher vers eux. Ils se saisirent alors de lui et le jetèrent dans un puits qu´ils bouchèrent avec de la terre et des pierres. Ceci eut lieu à Arcy sur Aube vers 407. La fille d´un prince du pays de Limoges atteinte de cécité fut avertie après sa guérison de la sépulture de Balsème. Elle s´était en effet lavée les yeux avec l´eau d´une fontaine proche du puits oú il reposait depuis longtemps déjá. Cette fontaine oú l´eau ne manque jamais est appelée fontaine de St Balsème. On fit déblayer le puits et on y découvrit le squelette de Balsème. Ses reliques d´abord hébergées au château de Ramerupt dans l´Aube,  furent transportées plus tard dans le prieuré puis á la révolution, dans l´église paroissiale. Plusieurs guérisons sont attribuées au Saint. Hélas lors de la démolition de l´église les reliques sont transportées dans le grenier du presbytère oú elles sont retrouvées en 1859, mais mélangées à d´autres ossements. Sur décision de l´évêché, tout caractère d´authenticité est écarté.

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St Balsème       (avec l´autorisation de Jacques Schweitzer voir son site « Troyes d´hier à d´aujourd´hui »

BARBE

Vierge et martyre, originaire de Nicodémie. Fille de Dioscore, riche commerçant païen phénicien. Convertie en cachette de son père, elle est torturée à la demande de celui-ci puis décapitée par lui. Il est châtié aussitôt par la foudre. C´est pourquoi Ste Barbe est de nos jours la Sainte Patronne des sapeurs pompiers, artilleurs, et d´une façon générale, de tous ceux qui approchent le feu ou les explosifs.

Elle est très rarement représentée en céphalophore, mais plutôt avec la palme des martyres et une tour de trois étages symbolisant à la fois la Trinité et la prison oú elle fut détenue

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Sainte Barbe en sa chapelle du village de Poulvern en Noyal-Pontivy (Morbihan)

BILY

Né près de Redon vers 840, il est tout d´abord diacre de l´abbaye d´Aleth aujourd´hui St Servan en St Malo, il y écrit d´ailleurs la vie de St Malo (Vida Sancti Machuti) rédigée vers 867 et dont il existe des copies en latin et en ancien saxon, en Angleterre.

Il est ensuite nommé évêque de Vannes, attesté en 892. Mais il doit bientôt fuir les Normands et se réfugie à Plaudren. Il  y est décapité un 23 Juin entre 913 et 919, par les Normands selon certaines sources, par le seigneur païen de Kervasy selon d´autres sources. Il aurait ensuite ramassé sa tête et, après l´avoir lavée dans la fontaine voisine,  aurait marché jusqu´ au bourg de Plaudren oú il aurait rendu son dernier soupir. A l´emplacement de son martyr sera élevé au XVIeme siecle, une croix inscrite aux Monuments historiques en 1929.

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St Bily évêque   Eglise de Plaudren

 

BOECE

Philosophe né á Rome vers 470-480 et décapité sur ordre de Théodoric l´Ostrogoh le 23 octobre  524 á Pavie, il est enterré dans l´église lá oú se trouve actuellement l´église de Pavie. Sa pierre tombale est conservée au musée local.

 

BOLOGNE 

Vierge et martyre née à Grand en Champagne au IVeme siècle. Elle fut horriblement martyrisée puis décapitée par le tyran Ptolémée parce qu´elle s´était refusée à lui. Elle ramassa sa tête et lentement, pendant que son bourreau succombait à un arrêt cardiaque, traversa la Marne puis déposa sa tête dans l´herbe à l´endroit oú se trouve de nos jours le village de Bologne

 

CADOC

Moine Gallois du VIeme siècle, il fonde chez lui de nombreux monastères avant de venir rejoindre St Gildas dans une île du Golfe du Morbihan. De retour au Pays de Galles, le saint évêque protège ses compatriotes Bretons contre l´envahisseur Saxon. C´est la raison pour laquelle ceux-ci le mettent à mort vers 580. Vénéré en Bretagne (Morbihan, Finistère, Cotes d´Armor et Loire Atlantique ) sous le nom de St Cado ou Cadou. On le fête le 21 Septembre ou le 7 Octobre. Une quinzaine d´églises lui sont dédiées au Pays de Galles

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St Cadoc en son abbaye de Llancartan au Pays de Galles

CAN, CANTIEN, CANTIENNE

Can, Cantien, Cantienne

CATHERINE

 

CERAN

CHERON

CHRYSEUIL

CHRYSOLE

CLAIR

CUTHBERT

DALMAS

DECUMAN

DEMETRE

DENIS

DENIS   l ´Areopagite

DIDIER

DOMNIN

DOMNIN

ELEUTHERE

ELOPHE voir ALOF

EMYGDE

ESPERIE

EUCHAIRE

EUSEBE

EXUPERE

FARGEAU

FAUSTIN

FELICITEE

FELIX

FERJEUX

FERREOL

FIRMIN

FORTUNAT

FRAJON

FREMOND

FRODOALD

FRONTAISE

FUSCHIEN

GAUDENS

GEMMULE

GENES

GENITOUR

GERMAIN de LANGRES

GERMAINE

GOHARD

GRAT

GRATE

GUIGNER

HAUDE

HELIER

HILARIAN

HISPADUS

JOVITE

JUDITH

JULIEN

JUST

JUSTE

JUSTINIEN

JUTHWARA

JUVENTIN

KENELM

LAMBERT

LAMBERT de Saragosse

LAURENT

LAURIAN

LEON

LIBAIRE

LIE de Pithiviers

LIEVIN

LIVAR

LUCAIN

LUCIEN de Beauvais

LUCILE

LUCILLE

LUPENCE

MARCEL

MAURIN

MAXENCE

MAXIME

MAXIMIEN

MAXIMIN

MELARD

MELIAU

MERCURE

MILFORD

MINIAT

MITRE

NICAISE

NIGAISE

NOYALE

OELBERT

Vénéré á Oosterhout près de Bréda aux Pays Bas où il fut par erreur mis à mort un 22 Octobre par un groupe de personnes lancé à la poursuite d´assassins. Il fut par la suite réhabilité

ORICLE

OSITHE

OURS

PAPOUL

PATROCLE

PIAT

PIERRE de Troyes

PLACIDE

PROBE

PROCULE de Bologne

PROCULE de Gannat

PROTAISE

QUARANTE BENEDICTINS

QUIRIN de Malmedy

QUIRIN de Neuss

QUITTERIE

REGULA

REINE

RENELDE

REVERIEN

RIEUL

ROMAIN

RUSTIQUE

SABININ

SATURNINE

SAVINIEN

SEVER

SEVERIN

SIDWELL

SILAIN

SIX FRERES PECHEURS

SOLANGE

SYMPHORIEN

TANCHE

THEONESTE

TREMEUR

TREPHINE

TROPEZ

URSIAN

VALERIE

VALERIEN

VENERAND

VICTOR de Cerezo

VICTOR de Soleure

VICTORIC

WENEWFRIDE

YON

 

 

 

 

LES SAINTS CEPHALOPHORES EN BRETAGNE

Sainte Noyale   était nous dit la légende, la fille d’un roi de Cornouailles. D’ailleurs là-bas à Newly West est vénérée aujourd’hui encore une sainte Newlyna dont la légende est très proche. Très proche est aussi la légende de Sainte Gwenvred au VIIème siècle à Gwynedd dans le Nord du Pays de galles. Comme beaucoup de ses compatriotes, Noyale choisi de venir évangéliser l’Armorique. Elle quitte donc le château paternel et en compagnie de sa nourrice, traverse la Manche sur un tronc d’arbre. Toutes deux accostent à Vannes et là, Noyale décide de gagner l’intérieur des terres afin de se livrer à la pénitence. Arrivées à Bignan au village du Bézo, elles rencontrent Nizan, un riche et tyrannique seigneur, qui s’éprend de la beauté de Noyale et veut lui imposer le mariage. Mais Noyale lui répond avec raison qu’elle n’a pas quitté une maison royale pour venir chercher un parti en Armorique. Furieux d’une telle réponse Nizan ordonne de la décapiter sur le champ. La future sainte n’a pas terminé pour autant son pèlerinage et ramassant sa tête qu’elle tient dans son giron, accompagnée de sa nourrice et escortée par un ange, elle se met en marche vers un  lieu qu’elle choisira pour sa sépulture. Comme elle traverse le village du Hemborh en Naizin, Noyale entend une femme blasphémer et refuse d’être enterrée en ce lieu car dit-elle « j’aurai toujours dans l’oreille le cri de cette misérable maudissant le nom de Dieu ». Elle continuen donc sa marche mais en arrivant au bourg de Noyal-Pontivy elles voient une mère et sa fille se disputer, la fille accablant la mère des mots les plus malsonnants. « Non vraiment je ne veux pas rester ici car je ne supporte pas les enfants qui insultent leurs parents ». Les deux compagnes atteignent bientôt un vallon où fatiguées elles s’assoient sur une pierre, du cou de Ste Noyale tombent trois gouttes de sang, aussitôt trois fontaines limpides jaillissent là où le sang a touché le sol, tandis que son bâton planté en terre devient une aubépine à fleurs blanches. Après s’être reposée sur une pierre qui aujourd’hui encore conserve la trace de son corps, Noyale s’engage dans un chemin creux qui s’appellera longtemps « la voie sainte » et arrive dans un endroit désert. Elle déclare alors à sa nourrice  « c’est ici que je veux être enterrée » et on dit que l’aubépine trembla pendant que la vierge trépassait. Cet endroit est aujourd’hui le village de Ste Noyale où s’élève une magnifique chapelle. Noyale ou Noluen est la patronne de Noyal-Pontivy, un jubé du XVIème siècle décrivait la vie et la mort de la Sainte, enlevé en 1684 ses panneaux sont conservés jusqu’à la fin du XXème ils servent alors de modèle pour les vitraux du chœur de l’église paroissiale, seul l’épisode de l’ange n’est pas repris. Elle est aussi vénérée à Bignan et à Questembert où elle a une chapelle, elle fut aussi après St Martin et jusqu’à la révolution, la seconde patronne de Noyal-Muzillac. Enfin Pluvigner, St Gérand et Croixanvec possèdent des statues de la sainte.

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Sainte Noyal (sic) Chapelle Ste Noyale à Noyal-Pontivy

 

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Sainte Noyale en sa chapelle à Bignan

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Ste Noyale à Pluvigner

 

 

Sainte Tréphine (ou Trifine)    , des chapelles lui sont dédiées à Pontivy, à St Aignan et à Ste Tréphine (22) où elle serait enterrée près de son fils Trémeur. Elle est aussi honorée à Carhaix, Callac (22), Mûr de Bretagne, Plougastel, Kergloff, Bannalec et Cleden-Cap-Sizun. Selon l’historien La Borderie, Conomor était au VI ème siècle roi de la Domnonée ce qui correspond au nord de l’Armorique. Il était soupçonné d’avoir assassiné ses trois premières femmes dont Iona qu’il avait épousé uniquement pour se rendre maître du pays de Dol. Voulant désormais dominer le pays vannetais dont le chef était Warok (ou Guérec) il demanda à celui-ci la main de sa fille Tréphine. Méfiant, Warok s’en ouvrit au futur St Gildas qui lui conseilla d’accepter ne serait-ce que pour éviter une guerre, car avec Conomor il fallait s’attendre à tout. Bientôt Tréphine tombe enceinte et sachant que Conomor ne voulait pas de fils, s’enfuit de son château de Castel-Finans dans la forêt de Quénécan. Mais Conomor la rattrape dans la forêt de Lanvaux selon les uns, ou près de Gouarec selon les autres et lui tranche la tête. Désespéré, Warok s’en va trouver Gildas en son ermitage du Blavet, lui rappelle son engagement et le supplie de lui rendre sa fille. Gildas part alors pour Castel-Finans mais on ne lui ouvre pas, c’est alors qu’il lance une poignée de sable contre le château qui s’écroule aussitôt, puis retrouve le corps de la princesse Tréphine, et grâce à l’aide de Dieu  et au secours de la médecine druidique, replace la tête de Tréphine sur ses épaules et lui ordonne de se relever. Quelques mois plus tard avant de se retirer dans un couvent de Vannes, la princesse donne naissance à un fils qu’elle prénomme Gildas. C’est ici que commence la légende de St Trémeur.

 

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Sainte Triphine dans sa chapelle de Pontivy

 

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Lambris de la chapelle Ste Triphine de Pontivy

 

 

Saint Trémeur    était le fils de sainte Tréphine et de Conomor, son premier prénom était Gildas mais pour le différencier de son illustre parrain on lui donna bientôt le nom de Trémeur qui signifie « grand vainqueur ». Très jeune il rejoint le monastère de Rhuys et on raconte que alors qu’il jouait avec ses compagnons, il fut reconnu par son père qui le fit décapiter sur le champ. Il est représenté tenant sa tête dans ses mains alors que nulle légende ne dit qu’il l’eut ramassée, de même il est représenté dans une chapelle de centre Bretagne avec de la barbe alors qu’il est mort à l’âge de 15 ans. Il est le patron de Carhaix et de Camlez. A Ste Tréphine dans les Côtes d’Armor, un oratoire abrite son tombeau et celui de sa mère. Des chapelles lui sont dédiées à Bubry, Languidic, Cléden cap Sizun, au Guivinec, Plouegat et à Callac. Il est aussi honoré à Carhaix, Lanmeur, Sainte Tréphine, Saint Aignan, Pluvigner, Le Saint et Plougastel.

 

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Saint Témeur (avec de la barbe ! )

Sainte Haude      fille de Galon, seigneur de Trémarzan en Landunvez qui avait épousé vers 525 Florence, fille du prince de Brest qui était la sœur de Tanguy. Florence décède peu  après la naissance des enfants, Galonus se remarie bientôt, mais sa nouvelle épouse déteste les enfants ce qui provoque le départ de Tanguy pour la cour de Childebert, pendant que Haude doit supporter seule les mauvais traitements de sa belle-mère. Douze ans passent et lorsque Tanguy rentre à Trémarzan la marâtre lui fait un tel portrait de Haude que Tanguy dans une grande colère tranche le col de sa sœur. Haude ramasse bientôt sa tête dans ses mains et rentre au château où elle dénonce sa belle-mère qui va mourir rapidement dans de violents maux ponctués d’horribles vomissements. Tanguy demande pardon à sa sœur qui le lui accorde avant de rendre son âme à Dieu près de la fontaine de Kersaint, nous sommes le 18 Novembre en l’an de grâce 545. Aujourd’hui le souvenir de Haude est perpétué dans la chapelle de Kersaint en Trémarzan,sur un vitrail de l’église de Landunvez, sur le calvaire de Plougastel-Daoulas, mais aussi à Kernilis, Portsall et Ploudalmézeau.

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Sainte Haude à Landunvez

Saint Bily   Serait né vers 840 à Redon, il fut le 43ème évêque de Vannes, mentionné au Cartulaire de Redon en 892, 903, 909 et 913. Décapité par les Vikings vers 913 à Plaudren il ramasse sa tête et marche jusque Vannes où il expire. On retrouve son nom dans de nombreux lieux-dits à Loyat, La Grignonais, Quimper, Argol, etc…  Mais il est surtout le Saint Patron de Plaudren qui lui a dédié son église paroissiale, une chapelle avec sa fontaine et un calvaire dit  Croix de St Bily élevé à l’endroit où le saint aurait été assassiné. Plaudren s’appelait d’ailleurs jusqu’au XVIème siècle : Bourg St Bily.     

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Saint Bily à Plaudren

 

    

Saint Méliau    Connu surtout à travers la légende de son fils Mélar, il fut roi de Cornouaille de 530 à 538 succédant à son père Budic. Ce fut selon la tradition une période de prospérité. Il a épousé Aurélie fille de Winnec chef de Domnonée. Au cours d’une Assemblée des chefs, une querelle éclate et Meliau est décapité par son frère Rivod qui s’empare alors de la régence car Mélar le fils de Méliau n’a que 7 ans. Méliau est le patron de Pluméliau, Guimiliau, Ploumiliau, Plonevez-Porzay et de l’ile Miliau. A Lampaul-Guimiliau un retable retrace la vie du saint et à Locronan la sixième station de la Grande Troménie lui est consacrée.

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Panneau de la mort de St Miliau à Guimiliau

 

Saint Mélard ou Mélar  est donc le fils de Méliau et d’Aurélie. Rivod son oncle qui détient provisoirement le pouvoir voudrait bien que cela soit définitif et pour cela pense faire assassiner l’enfant. Mais les tueurs se contentent de trancher la main droite et le pied gauche de l’enfant afin qu’il ne puisse plus manier l’épée ni monter à cheval. L’assemblée des chefs se méfie de Rivod et confie la garde de l’enfant à l’évêque de Quimper et au gouverneur Kerialtan. L’enfant reçoit une prothèse d’airain pour son pied et une autre d’argent pour sa main, bientôt il apprend à s’en servir habilement. Rivod réussit à corrompre Kérialtan qui, aidé de son fils Justan va trancher la tête de Melar pendant son sommeil. Puis il met la tête dans un sac et s’en va réclamer sa récompense auprès de Rivod, mais en chemin il devient aveugle et meurt de suffocations. Rivod meurt quelques jours plus tard accablé par les remords. Après que ses reliques soient passées par les abbayes de Redon et de Léhon et même par Ambresbury en Angleterre, Melar trouvera le repos éternel à Lanmeur où dit-on les bœufs transportant le précieux chargement auraient refusé d’aller plus loin.  Il est le saint patron de Melrand. Mais il est aussi vénéré à Loméner en Ploemeur, à Locmélar, Sizun, Plounéventer, Plouzélambre, Saint Jean du doigt et sous le patronyme de Méloir, à St Méloir des Ondes et St Méloir des bois.

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Saint Mélar à Lanmeur

 

 

Saint Gohard  né à Angers, il était évêque de Nantes. En 843, le 24 Juin, les Normands remontent la Loire jusque Nantes et entrent dans la cathédrale où la population s’est réfugiée. Gohard est criblé de flèches et décapité sur les marches de l’autel alors qu’il célébrait la sainte messe. Tous ceux qui étaient dans la cathédrale sont passés au fil de l’épée. Gohard ramasse alors sa tête et devant les vikings médusés gagne les rives de la Loire où l’attend un navire sans voile ni rame. Alors il remonte le fleuve jusque Angers sa ville natale, où il désire être enterré. Canonisé en 1096, ses reliques sont depuis 1524, dans une crypte romane de la cathédrale de Nantes où une chapelle latérale lui est dédiée. Il est vénéré à Teillay (35)

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Mort de Saint Gohard   Tableau de la cathédrale de Nantes

 

 

ORIGINE DE LA CEPHALOPHORIE

 Lors de la visite d’une église ou d’une chapelle nous avons été parfois surpris devant une statue représentant un martyr tenant sa tête dans ses mains : il s’agit d’un saint ou d’une sainte céphalophore. Ce mot qui apparait pour la première fois en 1914 sous la plume de Marcel Hébert, est dérivé du grec et signifie « qui porte sa tête » . Il désigne en fait une personne qui, ayant été décapitée se relève et prend sa tête dans ses mains, avant d’entreprendre une marche miraculeuse vers le lieu où elle a choisi d’être inhumée.

    Thème fréquent dans l’hagiographie et dont St Denis évêque de Paris en est l’exemple le plus connu.

       En fait la légende de St Denis qui n’apparaît qu’au IX ème siècle, est précédée dans le temps par celle de St Just  enfant décapité par le tyran Rictovar près de Beauvais. L’enfant redresse son buste et ramasse sa tête la tenant dans son giron, tandis que sa langue se met à parler s’adressant à Dieu. Si on ignore depuis quelle date la cathédrale d’Auxerre possède les reliques de St Just on sait que dès le VII ème siècle de nombreux fidèles s’y réunissaient sur la sépulture d’un enfant dont le corps était privé de tête.

   Nous avons ici un exemple de céphalophorie statique. Ce n’est que plus tard avec St Denis, St Fuschien, St Victorien et  tous ceux qui vont suivre que les martyrs entreprennent une marche miraculeuse vers leur lieu de repos.

   Le thème est loin d’être exclusivement chrétien : la tête d’Orphée emportée par le courant continue de clamer le nom d’Eurydice; les guerriers gaulois avaient pour coutume de trancher la tête de leurs adversaires vaincus puis de les exposer après les avoir embaumées à l’huile de cèdre.

   Pour expliquer l’origine de la céphalophorie on avance le plus souvent la découverte dans des sépultures très anciennes de squelettes dont le crâne a été placé soit sous le bras, sur la poitrine, entre les jambes, voire aux pieds. Ce qui aurait pu faire penser à des martyrs puis l’imagination aidant, à des céphalophores.

Pour les clercs francs de l’époque mérovingienne qui composèrent les premiers écrits céphalophoriques, les exemples de décollations ne manquaient pas, sans oublier les récits des livres saints : Goliath, Holopherne, Saul et surtout St Jean Baptiste.

  Connaissant l’attirance du peuple pour le merveilleux, une des meilleures façons de christianiser un lieu de culte païen était d’y attacher un miracle chrétien. Ainsi le mont de Mars (aujourd’hui Montmartre : mont des martyrs) a été christianisé par le martyr de St Denis et de ses compagnons qui y furent décapités avant de marcher, tenant leur chef dans leurs mains, jusqu’à leur lieu de sépulture là où s’élève aujourd’hui  la cathédrale de St Denis !

  Il est aussi facile de constater que la plupart des faits céphalophores ont eu lieu près d’abbayes bénédictines ce qui laisse supposer que les moines sont probablement les inventeurs du thème ou tout au moins ont largement contribué à sa propagation. Au contraire arguant de la trop grande répétition du fait, de nombreux critiques catholiques et parmi ceux-ci le pape Benoît XIV ont émis de sérieux doutes quand à la véracité des récits.  Les légendes sont copiées les unes sur les autres, on n’hésite pas par pieuse rivalité ou patriotisme local à faire sienne une légende attribuée à un saint voisin.

 

INFLUENCE DE SAINT DENIS ET SAINT JUST SIMILITUDE ENTRE LES DIFFERENTS MARTYRS

 – Le cas-type de St Denis et de ses compagnons ramassant leur tête dans leurs mains avant de parcourir deux milles a largement influencé beaucoup de légendes en France et aussi en Suisse et en Italie. De même le récit de leurs langues palpitantes semblant louer Dieu sera copié dans de nombreuses légendes céphalophoriques où le martyr désigne parfois son lieu de sépulture, loue le Seigneur, console ses proches, accuse son bourreau ou, comme les 40 moines de Magal chantent les vêpres de l’Assomption avant de se coucher pour toujours. St Jean Baptiste avait déjà adressé des reproches à la cruelle Hérodiate à qui on présentait la tête du Saint posée sur un plat.

Il s’agit ici en fait plus d’un phénomène physiologique que d’une attitude édifiante. Il a été constaté que dans la tête d’un décapité, la langue continue de palpiter quelques instants comme si elle voulait s’exprimer.

 – La région de Beauvais où l’on trouve avec St Just le cas le plus ancien de céphalophorie voit une grande concentration de saints céphalophores.

 – Rictiovar bourreau de St Just, souvent décoré du titre de préfet romain, est accusé de la mort d’une dizaine de martyrs. Or il n’est attesté nulle part ailleurs que dans ces passions.

 – Les bourreaux sont souvent des soldats romains (on trouve des martyrs tout au long de la voie romaine reliant Milan à Cologne) ou des peuples païens (Vikings, Goths, Wisigoths, Huns, etc.…). Si la victime est une femme, le bourreau sera très souvent un riche seigneur local.

 – Les martyrs sont le plus souvent des évêques, des moines -surtout bénédictins-, des vierges se refusant à leurs prétendants ou des soldats romains convertis.

 – Les légendes au-delà de quelques variantes, se développent selon un schéma qui revient régulièrement :  Après leur décollation les Saints gravissent souvent une montagne ou une colline, exception pour Ste Noyale à Noyal-Pontivy qui descend dans un vallon.

   – L’eau occupe une place importante: les martyrs franchissent un cours d’eau où ils lavent parfois leur tête ensanglantée. Parfois ce sont des sources, souvent au nombre de trois qui vont jaillir là où des gouttes de sang ont touché le sol.

  –  Des pierres sur lesquelles le martyr aurait dormi, posé sa tête ou prié vont devenir des objets de culte.

  –  On note une similitude de dates avec une grande concentration au mois d’octobre et une similitude dans les prénoms : Grat, Grate ; Ache, Acheul ; Adalbad, Adalbert, etc…

   – Les martyrs se déplacent souvent vers le lieu de sépulture qu’ils ont choisi ou ils en indiquent l’endroit à leurs accompagnateurs ou à leurs bourreaux.

 

 

 

POUR CONCLURE

  • Le rôle de la tradition littéraire est prépondérant, largement soutenu par l’église et en particulier par les moines bénédictins.

  • Les images n’ont pas créé le thème mais ont largement contribué à son expansion et à son succès.

  • Le succès de la céphalophorie nécessitait un terrain propice, il a été rapidement trouvé dans le peuple toujours attiré par le merveilleux.

  • Le miracle s’est peut-être produit deux ou trois fois, mais comme le pape Benoît XIV on peut émettre de sérieux doutes quand à l’authenticité de tous les martyrs céphalophores.